Tunisie - Une mise "sous-tutelle" de l'instance électorale est à craindre
03 Août 2012 - 17:51
"On ne donne pas à l'instance indépendante pour les élections (IIE) les moyens de son indépendance. C'est sa mise sous-tutelle" qui se prépare, avertit M. Jendoubi, se référant à un projet de loi déposé le 27 juillet à l'Assemblée Nationale Constituante (ANC).
Il pointe du doigt en particulier la création d'une "commission administrative" en période électorale, qui sera sous le contrôle du chef du gouvernement pour "suivre et coordonner toutes les administrations avec l'IIE".
Or, selon M. Jendoubi, il faudra que cette commission et les administrations aient "l'obligation" d'obéir à l'instance électorale.
Ce responsable a par ailleurs souligné ne pas avoir été consulté avant le dépôt du projet et que les propositions de différents organisations de la société civiles ont été ignorées.
Kamel Jendoubi préside l'Instance supérieure et indépendante pour les élections (ISIE) qui avait organisé les élections des membres de l'ANC le 23 octobre 2011, le premier scrutin libre depuis la révolution de 2011.
L'ISIE jouit d'une véritable confiance auprès des Tunisiens, qu'il "ne faut pas brader", estime son président.
"Il faut qu'il y ait une continuité physique, matérielle et humaine", dit-il, il s'agit d'exploiter "les compétences formées durant les premières élections réussies du 23 octobre 2011, qui sont un acquis pour la Tunisie"
Des élections générales sont prévues en mars 2013, après l'adoption d'une constitution prévue à l'automne. La rédaction de ce texte prend cependant du retard.
La Tunisie est dirigée par une coalition dominée par les islamistes d'Ennahda, alliés à deux partis de centre-gauche.
L'opposition parlementaire accuse Ennahda de tentations hégémoniques.
AFP
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