Syrie - Les animateurs de la contestation soutiennent le Conseil national


afreeknews.com avec l'Afp   20 Septembre 2011 - 15:26


L'opposition syrienne a franchi un pas important dans son unification avec l'appel lancé mardi par des animateurs de la contestation sur le terrain à rejoindre le Conseil national créé fin août pour coordonner la lutte contre le régime de Damas.



Parallèlement, les Etats-Unis tentent de convaincre les Russes de la nécessité d'une résolution de l'ONU face à la répression violente en Syrie d'une révolte contre le régime du président Bachar el-Assad qui a débuté il y a plus de six mois.

Deux civils ont été tués mardi à Homs (centre) par les tirs des forces de sécurité syriennes et un troisième est mort des suites de ses blessures à Mseifra (sud), a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Déterminée à obtenir la chute du régime, la Coordination des comités locaux (LCC) a appelé dans un communiqué l'opposition à rejoindre le "Conseil national", formé à Istanbul et qui selon ses adversaires laïcs, est animé par les islamistes.

"En dépit de nos réserves sur la manière dont le Conseil national a été formé et les forces qui le composent, la LCC apporte son soutien au Conseil national qui s'est fixé pour objectif de soutenir tous les Syriens quelles que soient leur confession et leur ethnie, à renverser le régime et à établir une société multipartite, démocratique et civile", indique le communiqué.

"Nous le soutenons aussi car nous souhaitons unifier l'opposition et surmonter ses divisions", ajoute la LCC demandant à "tous les groupes politiques et révolutionnaires de rejoindre le Conseil national".

Deux instances de l'opposition ont vu le jour fin août en Turquie. Le "Conseil national" et le "Conseil national de transition syrien", dirigé par un professeur de la Sorbonne exilé à Paris, Burhan Ghalioun, qui regroupe des opposants laïcs.

De son côté, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov à New York, en marge de l'assemblée générale de l'ONU.

"La secrétaire d'Etat l'a invité à réfléchir soigneusement au rôle que pourrait jouer le Conseil de sécurité, à l'heure où le gouvernement syrien tue sa population et emprisonne injustement des milliers de gens", a rapporté un diplomate dans l'entourage de la chef de la diplomatie américaine.

M. Lavrov aurait réaffirmé que "la meilleure voie est un dialogue entre al-Assad et l'opposition syrienne", selon la même source.

Selon le New York Times, les Etats-Unis sont de plus en plus convaincus que le président Assad sera renversé et se préparent à assister à une période de turbulences après son départ.

Sur le terrain, "deux civils ont été tués dans le quartier de Baba Omrou. D'autres personnes ont été grièvement blessées à Homs, où des tirs étaient entendus depuis lundi soir dans plusieurs quartiers", a précisé l'OSDH.

Les autorités ont fermé des entrées de cette ville, où d'importantes manifestations anti-régime ont été organisées lundi. Les protestataires avaient dédié ces rassemblements à Zaïnab Homsi, une femme dont le corps démembré a été remis à sa famille il y a deux jours, selon les militants.

L'OSDH affirme que six jeunes femmes ont été kidnappées ces dernières semaines pour que leur famille livre des parents recherchés par les services de sécurité.

En outre, un civil blessé lundi soir par les forces de sécurité à Mseifra a succombé tandis qu'un policier a été tué par des tirs d'inconnus dans le village de Kafr Oueid, à Jabal al-Zaouiya (nord ouest), d'après la même source. Cette région est le théâtre depuis plusieurs jours d'opérations militaires et sécuritaires.

Selon l'agence officielle Sana, l'armée a désamorcé une bombe de 25 kg posée à proximité d'un oléoduc qui alimente la raffinerie de Homs.

Par ailleurs, une délégation de parlementaires russes a achevé mardi une visite en Syrie au cours de laquelle ils ont rencontré le président Assad et des membres de l'opposition syrienne, a-t-on appris de source proche de la délégation.

Les parlementaires russes étaient venus pour tenter de trouver un terrain d'entente entre pouvoir et opposition en vue de résoudre la crise.

Ils se sont rendus à Deraa, dans le sud de la Syrie où est née la contestation populaire contre le régime du président Assad, ainsi qu'à Homs et Hama (nord).

Leurs rencontres avec les responsables des gouvernorats visités, avec des habitants et avec une dizaine d'opposants, dont l'économiste de renom Aref Dalila, "se sont bien déroulées", a-t-on ajouté.

Dans une interview à la télévision publique syrienne, le vice-président du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe), Ilias Oumakhanov, qui dirige la délégation, a appelé les Nations-unies à "ne pas répéter le scénario libyen" en Syrie.

© 1994-2011 Agence France-Presse

 

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