Libye – L’Est annonce son autonomie, Abdeljalil menace de recourir à la force


  07 Mars 2012 - 14:48


Le Chef du pouvoir libyen, Moustapha Abdeljalil (ph.d'achive)



Après la proclamation de l’autonomie de l’Est par des chefs de tribus et de milices, le Chef du pouvoir libyen, Moustapha Abdeljalil, y voit un complot et menace de recourir à la force pour empêcher toute partition du pays.



Les jours passent et se ressemblent pour la Libye. Plusieurs mois après la chute de Mouammar Kadhafi, les nouvelles autorités peinent à exercer leur autorité sur l’ensemble du territoire. Mardi, contre toute attente, des chefs de tribus de l'Est ont publiquement annoncé à Benghazi, leur choix du système fédéral. Appelée Cyrénaïque, l’entité s'étend de la frontière égyptienne à Syrte, la région natale du colonel Kadhafi. «Le Conseil intérimaire de Cyrénaïque a été établi sous la direction de Cheikh Ahmed Zoubaïr al-Sénoussi. Ce dernier, lui-même du CNT, est le cousin de l'ancien roi libyen, Idriss al-Sénoussi renversé par Mouammar Kadhafi en 1969. Il devra «gérer les affaires de la région et défendre les droits de ses habitants», ont précisé les autorités de la région dans un communiqué. Mais le Conseil intérimaire de Cyrénaïque reconnaît le Conseil national de transition au pouvoir (CNT) qu'il qualifie de «symbole de l'unité du pays et représentant légitime aux sommets internationaux».

«Un complot des pays arabes»

Les autorités de transition voient des mains des pays arabes derrière ce projet. «Des pays arabes frères, malheureusement, financent et parrainent la sédition qui s'est produite dans l'Est pour ne pas être contaminés par la révolution», a affirmé Moustapha Abdeljalil, au cours d'une conférence de presse à Tripoli. «Ce qui arrive aujourd'hui est le début d'une conspiration contre le pays. C'est une question très dangereuse qui menace l'unité nationale», a-t-il ajouté, avant de mettre en garde contre des «conséquences dangereuses pouvant conduire à une Libye divisée». «La Libye, depuis le début, est une nation avec une capitale, Tripoli», a-t-il conclu. Sans nommer les pays auxquels il faisait allusion.

«Nous n'avons pas besoin du fédéralisme»

Les autorités de transition libyenne sont montées au créneau pour mettre en garde contre ce projet d’autonomie. «Nous n'avons pas besoin du fédéralisme (...) Nous ne voulons pas retourner 50 ans en arrière», a déclaré lundi, le Premier ministre Abdel Rahim al-Kib, au cours d'un entretien télévisé. Ce mercredi, c’est le président du CNT Moustapha Abdeljalil, qui a menacé de recourir à la force pour empêcher toute autonomie de l'Est du pays. «Ils devraient savoir que des infiltrés et des restes du régime de Kadhafi tentent de les utiliser, et nous sommes prêts à les en dissuader, même par la force», a martelé Abdeljalil.

Autrefois divisée en trois régions administratives : la Cyrénaïque (Est), la Tripolitaine (Ouest) et le Fezzane (Sud), le système fédéral n’a été supprimé en Libye qu’en 1963. Cette nouvelle tentative d’autonomie fait craindre le retour de la violence dans le pays, déjà fragilisé par huit mois de conflit.  

 

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